Le péché d’un Goliath

Le péché d'un Goliath

Le péché d’un Goliath

« Seigneur pardonnez-moi car j’ai désiré du beurre pour mon pain et du lait pour mon café alors que Jésus même lors de ses Miracles ne les ayant jamais remis à personne »

 

Il faisait froid ce matin là, hier encore, je chassais mon chat faute de ne pouvoir le nourrir entre nombreux rituels dont l’eau à chauffer… que pour y entendre le sifflement de la bouilloire… pour me sortir de ma léthargie… afin de mieux recevoir le prêtre ou l’un de ses assistants ne demandant pas mieux que d’examiner toujours mon frêle et vieux corps à la recherche de plaies… pour tenter d’expliquer mon humiliante relation avec l’Humble pauvreté remise à tout Goliath ayant pour devoir… à son tour… de souffrir… pour laver tout Puissant de sa Tribu de ses péchés…

Mes yeux rivés sur mes ongles noirs, j’urina soudain sous ma jupe de crainte d’être à nouveau frappée et violée… Il cogna alors la porte à trois reprises…

 

– Non, je n’y suis pas…

– Jackole, tu es là?

 

L’homme en soutane brune ouvrant avant de me gifler jusqu’à goûter mon propre sang me rappelant combien saint il avait toujours été…

 

– Pardon mon père, je ne voulais pas vous offenser…

– Fais-moi encore entendre tous vos cris d’excitation que vous remettez au Ciel… Tu ne vas pas me jouer ta scène de martyre lorsque des mains propres te corrigent comme seule une femme qui n’a jamais eu de fils le mérite…

 

L’homme fou sortant enfin son bâton pour détruire tout autour de lui… C’était terminé… partir bientôt il allait avant de cracher… Peu m’importais depuis longtemps le jour de semaine où nous étions rendus… mais je me savais de plus en plus près de 70 ans… et de ma sainte mort…

 

– Pardon mon père, je n’ai jamais voulu vous offenser… Je vois comment notre Christ a souffert pour retrouver sa pureté après avoir marché dans les excréments des chiens et des femmes pendant ses prédications…

 

C’est alors que je m’évanouis pour me réveiller seule et couverte de mouches… Elles étaient partout… quoi que plus lentes que durant l’été qui venait à peine de rendre ses dernières armes…

 

Que le vent était doux… que l’automne sentait bon… Il m’avait même été permis de trouver une fleur près de ma maisonnette… que j’avais tiré légèrement du sol avant de la remettre dans un verre au frigo… poussé par mon instinct poétique…

 

Je mis alors ces bottes trop grandes pour moi et avais décidé d’aller marcher un peu tombant sur un mort de faim… à qui on avait mangé le coeur… me retournant sur mes pas horrifiée… et si la prochaine j’étais… que mon fort intérieur m’expulsa…

 

Étais-je encore sur la bonne voie… celle de la Rédemption… que je distinguais de l’Humble Humiliation… qui rappelle la Torture sous toutes ses formes même du Goliath pontife lorsqu’elle condamne tous les génies de ce monde à le servir dans un socialisme ou un communisme de sorcellerie pour qu’il n’y ait plus qu’une chose qui brille… un Temple d’or au saint Pied d’une échelle qui n’en finit plus de supporter le poids du martyr qui s’exécute à reproduire le Paradis sous une voûte de primitifs castors… jusqu’à ce que des Surhommes détruisent tout… après avoir atteints l’un des plus hauts sommets vertueux… la Constipation inconditionnellement religieuse… qui étouffe avant de te débaucher comme seul un Enfant à moustache et à barbiche d’Église qui sait ouvrir ton gros cul bien rose sait le faire… pour mieux y entrer… en quête peut-être d’innocence perdue… son « Petit Pied »… à jamais… moins qu’Hier et plus que Demain…

 

Bref, la tête me faisait mal…

 

De retour dans mon Trou, j’avais décidé de cirer mon plancher avant de mettre au feu quelques grosses patates et du céleri… près de midi, il était déjà…

Mon univers se résumait à peu de choses: de la laine et des broches à tricoter, les photos des miens sur les murs, des casse-tête et… la visite saisonnière du fossoyeur que j’attendais avec un poème… pour échanger avec lui…

 

Maudite Pauvreté…

 

J’avais bien réussi au niveau scolaire malgré que j’étais fille d’une ivrognesse et d’un proxénète qui m’avait fait découvrir mon corps de femme dès mes 11 ans… avant qu’il ne me présente à mon futur époux… un voisin de même sang et de même destin… qui me remit deux filles… où à son tour la première trouva époux à 11 ans… tandis que la seconde, à ses 13 ans, fut déclarée misogyne, pour son amour de la solitude, avant d’être tuée par l’Autorité de notre Église qui s’octroya en plus le droit de disposer de son cadavre… l’ayant certainement consommé…

 

« Dieu ne peut avoir apprécié sa Création plus qu’avant la Perte… Il ne peut pas avoir aimé le monde plus qu’avant le Déluge… » me rappelait souvent une amie qui n’est plus…

 

Ma mère rendant son dernier souffle dans mes bras alors que j’allaitais… demande spéciale avant de mourir… l’enterrant moi-même derrière chez-nous tandis que mon père partit un matin… avec mon époux… sous ordre de l’Église…

 

Maudite Pauvreté…

 

Que font les pauvres Blancs un samedi soir… les plus beaux dansent et baisent devant tous… alors que les autres fument quelques clopes… en les encourageant… car il faut bien laisser son « Esprit des Fêtes » un jour ou l’autre…

Trois jupes et une guitare… composant ma garde-robe avec 1000 robes toutes trop laides dénichées ici et là à des fins de ventes…

 

Nul n’étant plus Bouc émissaire que le Pauvre…

 

Je gardais espoir…

 

« Seigneur pardonnez-moi car j’ai désiré du beurre pour mon pain et du lait pour mon café alors que Jésus même lors de ses Miracles ne les ayant jamais remis à personne »

 

Me demandant si j’avais autant froid que lui… sur le seuil de ma porte entre ouverte… un bel oiseau soudain se posant…

 

 

De toute l’équipe de jamaisdeuxsanstoi.ca