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100 ans bientôt

100 ans bientôt

100 ans bientôt

« J’ai accouché du premier comme du dernier… aimé jusqu’à la mort comme au premier jour… souhaité dans ma jeunesse comme dans ma vieillesse… où parmi tous mes adversaires… le plus virulent que j’ai trouvé… fut l’homme célibataire au service de mon époux… vantant les mérites du Célibat comme si nous étions tous nés pour un Miroir…

 

Mes plus beaux jours furent avec lui… les pires aussi… voyant tantôt en moi sa mère le harcelant… tantôt le curé du coin lui rappelant l’enfer… alors qu’il m’arrivait d’y voir le fils que j’ai perdu… et mon père à ce même coin…

 

J’ai fait 1000 emplois… les pires auprès des femmes… mal mariées… n’ayant de yeux que pour les plus jeunes… et les filles abusées par leur père…

 

Les préjugés ayant toujours fait la vie dure aux meilleures d’entre nous… quelles qu’elles soient… et où qu’elles soient…

 

J’ai adoré apprendre à conduire… mon premier arrêt fut pour m’ouvrir un compte bancaire à moi seule… Il faut dire que je viens d’un temps où les épouses au travail étaient payées en argent comptant comme pour les prostituées et que les autres… avaient un chèque conventionnel…

 

C’est là que j’ai voulu un chien à moi seule… une machine à coudre et apprendre une nouvelle langue… pour voyager un peu… changer mon style… me faire à mon tour quelques amis pour mieux vieillir; après 20 ans de mariage, je me sentais accomplie… indépendante… fière… j’en avais alors marié trois et était dorénavant grand-maman…

 

Toute femme a une femme d’affaire qui sommeille en elle… mieux vaut réveiller celle-ci avant la putain qui sommeille tout autant en chacune d’entre nous…

 

Une fois les enfants devenus assez grands… toute ma routine se transforma… Je me levais comme auparavant pour faire mon ménage mais en plus j’allais ensuite faire un peu de vélo avec mon chien… avant de profiter de la plage… pour mieux revenir à 7 heures le matin… alors qu’eux fréquentant toujours l’école se levaient… en même temps que l’homme de mes rêves…

 

J’ai eu mon premier cancer à 40 ans… morte de peur… tremblant comme une feuille… c’est bien simple, chaque fois que j’en parlais… mon époux sortait le violon… me quittant 20 ans plus tard… dormant à mes côtés… Le coeur a ses raisons…

 

Tous les secrets des hommes, je les ai entendus… Tous ceux des femmes aussi…

 

Ces premiers se plaignant trop souvent de l’un de leurs propres enfants évoluant mal au niveau que l’on veut; ces dernières du problème d’alcool de leur époux évoluant tout aussi mal sinon plus…

 

Ce sont ces gens là qui perdent leur emploi… qui divorcent… qui s’entretuent… qui abandonnent… qui cherchent prison ou bordel pour s’y reposer un peu… qui perdent la foi en notre Dieu Tout-Puissant… et qui ont éternellement besoin d’opportunités sacrées… pour ne pas dire saintes… pour se refaire le sang…

 

J’ai vu bien de si beaux mariages éclater… Un sur un milliard termine ainsi à cause de la nymphomanie de l’homme ou de la femme…

 

J’ai vu bien des enfants mourir dans de tristes accidents… Un sur un milliard est né malin…

 

Bref, mon chien est mort dans mes bras…

 

C’est fou comme une veuve à mon image peut avoir de nouvelles propositions… mais j’avais déjà donné… on m’avait déjà pris… Ça ne m’intéressait pas autant ou du moins peut-être exactement comme… la putain que je ne voulais réveiller…

 

Trois propositions de mariage ont suivies… Je crois avoir été plus triste que chacun d’entre eux lors de mon refus…

 

Mon père disait… que Dieu ait son âme… que je devais faire très attention à deux types de femmes… celle qui avait tout et qui ne valait rien… et celle qui n’avait rien et qui avait tout… car de redoutables guerrières pouvaient-elle être avec leur langue lorsqu’elles n’avaient rien à se mettre sous la dent…

 

Bref, je les avais pour voisines… m’abstenant donc jusqu’à mes derniers jours de tenter le diable…

 

Le curé du coin venant me visiter un jour… J’étais devenue la plus âgée de mon village… et non de mon Territoire…

 

Plus d’un million de femmes avaient plus ou moins aussi le même âge que le mien… et moins d’un milliard… j’ose croire… dans ce monde « Babelien »…

 

C’est un Signe de Fin des Temps? »

 

99 ans bientôt

 

« La première fois que j’ai posé les yeux sur ma femme, je ne voyais aucune différence entre elle et sa mère… deux Taureaux… la Vache était son père… J’avais 41 ans.

 

J’ai dit à l’homme qui ne croyait jamais la marier: « J’aimerais faire un essai avec votre charmante fille… »

 

L’homme mourant presque de rire en entendant ces saintes paroles…

 

« Je te la remets 40 jours mais si elle s’échappe… c’est sa fille… tu comprends toujours… tous mes fils sont mariés… mais celle-là, elle lui appartient… »

 

Je serra la main de l’homme et j’entra sans frapper dans la maison alors que je n’y avais jamais mis les pieds chaque fois que je l’aidais à faire les foins. Les deux femmes croyant voir un violeur, l’homme tué, me regardant horrifiées…

 

« Votre charmante fille, avec la permission de son honnête père et de l’opinion de plusieurs au village, partira avec moi, morte ou vivante, puisqu’à la fin trentaine, une femme toujours non mariée est de mauvais augure et fait parler, et si je vous la retourne, je vous jure, c’est qu’elle ne sera pour aucun homme… » dis-je avec tout le sérieux du monde…

 

Sa mère me répondant alors: « Si tu penses m’impressionner avec des nombres et tes discours, détrompe-toi, aucun homme ne s’en approchera s’il est ni docteur ni avocat… Tu veux lui offrir quoi, une vie de misère et de ridicules qui ne tuent pas… des enfants qui vont lui mourir dans les bras… des voisins qui se moqueront de son intelligence jusqu’à ses derniers jours; mais veux-tu bien me dire qui t’a mis toutes ces sottises dans ta vieille tête… »

 

C’est là que je sortis, tenant toujours la porte ouverte, lui demanda si elle désirait bien me faire honneur de me suivre…

 

« Je te suis quelques semaines et on verra ensuite » rétorqua-t-elle, avant de prendre quelques affaires…

 

Je la présenta d’abord à mes parents comme étant la femme que j’allais épouser… à quelques amis… au curé… avant de la conduire pour notre première nuit dans ma petite chaumière…

 

Comment pourrais-je dire… Je viens d’une génération où les jeunes mariés échangeaient parfois les épouses qui permettaient des alliances à la vie en portant les enfants de l’autre… je n’aimais pas… préférant attendre le bon moment… toutes les occasions s’étant présentées à moi mais les copains demeurent les copains… et puis là, tout le monde s’étaient bien rangés…

 

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’elle était déflorée… mais quelle sourire…

 

Elle devint enceinte la première semaine, on se maria trois mois plus tard… nos enfants n’ont manqué de rien… sa mère décédant quelques années par la suite… morte d’ennuis… tandis que je fis une petite cabane à son père sur ma terre… qui la rejoint aussi peu après pour les mêmes tristesses…

 

La plus grosse dispute que j’ai eue avec ma tendre moitié tournait autour d’une amie… enceinte jusqu’aux yeux… Qu’est-ce que ça change… Nous n’avions pas le temps pour ça… Elle pouvait prendre ses cafés avec Dieu…

 

En tout cas, la grande histoire à ne plus finir où tu te retrouves même à en rêver… tellement ça m’atteignait au cerveau…

 

Donc, c’était une amie enceinte jusqu’aux yeux qui avait un père qui ne l’entendait pas, une mère qui ne la voyait pas, des frères et soeurs qui dormaient, et le père de son enfant qui était parti aux quatre vents à cause de ses allergies qui se déclenchaient chaque fois qu’elle parlait…

 

Bref, plus ou moins deux femmes qui se comprenaient… Ne me demandez pas pourquoi…

 

Donc, l’amie allait accoucher bientôt… et désirait toutes les choses de notre dernier né… comme si notre famille allait s’arrêter… Comment veux-tu ne pas devenir fou…

 

Évidemment qu’elle allait les remettre mais quand… Ce n’était pas la même chose… J’avais attendu si longtemps pour avoir une vie normale… je n’allais pas laisser venir à son tour ce type de copines entre nous…

 

Ensuite quoi, ça vient allaiter dans ta face… Ça vient pleurer tes morts… Ça veut échanger tes recettes… Non, assez c’est assez…

 

Bref, mon épouse n’a jamais compris… que Dieu ait son âme…

 

À part ça, j’ai arrêté ma famille pour mes 60 ans… car après cet âge, ça commence à sentir l’enfer…

 

Tu vois ta vieille se traîner avec son gros ventre… Toi, tu te traînes en arrière… et voilà les enfants qui suivent… C’est du n’importe quoi…

 

Mon dernier fut donc un fils…

 

J’ai connu tous les types de copains et non de femmes… Les 12 apôtres je les ai vus… Les plus intelligents, les plus dangereux, je les ai vus…

 

Des péchés, des fautes, j’en ai commis… J’ai même eu un vrai voisin qui s’est suicidé à cause de mes histoires…

 

On avait pris tous de l’âge, les femmes ne désirant plus tellement se laisser toucher… On voyait tous ou presque une autre personne… et puis voilà la samaritaine qui enseigne la fellation à nos épouses… une mère de 12 enfants… une voisine excellente… et voilà que nos épouses se mettent à nous sucer comme jamais… et voilà que le « cancer » au village est né… l’épouse pourtant n’ayant connu que lui… L’homme se pendant quelques mois plus tard… On l’a regretté à s’en mordre les lèvres au sang… on ne change pas la langue d’un homme… Nous n’étions plus des enfants pourtant… mais parfois péché et faute obligent pour mieux se rapprocher de Dieu… et de nos femmes…

 

Suis-je en mesure pour autant de conseiller pour gérer le monde, évidemment que non, je n’ai fait aucun miracle, combattu aucun diable au désert mais je connais l’homme et même beaucoup mieux et à jamais que toute femme…

 

L’homme qui n’a rien cherche mère fille; l’homme qui a tout cherche putain; l’orphelin cherche vieille fille; l’homme souffrant cherche sainte; l’homme saint cherche femme souffrante tandis que le criminel des criminels les désirent tous pour lui…

 

Dans l’Histoire sainte, on relie beaucoup de chose au sexe…

 

Quel homme ne désire pas être moins pécheur que son voisin…

 

Je me suis abstenu de beaucoup en mariage… et même de la toucher lorsqu’elle allaitait…

 

C’est peut-être mon secret… de longévité…

 

À part ça, j’ai beaucoup travaillé, j’ai beaucoup donné, j’ai écouté plus que parlé, on m’a pris beaucoup, j’ai souffert un peu, eu une santé de fer mais à 70 ans, tout d’un coup, du jour au lendemain, plus personne ne pouvant s’asseoir à mon côté gauche… j’ai perdu… l’ouïe…

 

J’ai enterré mon père et ma mère… comme on pourrait le faire pour marquer ses origines sur un Territoire… sachant qu’un jour tout pourrait basculer… J’ai enterré aussi deux fils… comme lorsque l’on tourne le dos à un coucher de soleil inachevé… J’ai eu des dizaines de chats… des poules… des chèvres… de toute couleur… n’ayant jamais compris pour quelles raisons les bêtes chez Laban en présence de Jacob se multipliaient plus nombreuses avec des taches… alors que les miennes étaient pour la plupart unies… Je me suis nourri des fruits de ma terre… bu l’eau de mes pluies… veillant soigneusement sur chacun de mes arbres… accordant même une attention spéciale aux cailloux ici et là sur la route qui conduisait à nous…

 

La source d’eau qui apparaît est un grand Signe… L’enfant qui ne cesse de pleurer non loin aussi…

 

Un jour un autre de mes voisins tuant sa femme et son enfant avant de s’enlever la vie…

 

L’horreur est partout… l’amour aussi… Sans elle, je serais peut-être devenu curé… Dieu en ayant voulu autrement…

 

Mes plus beaux souvenirs… mon mariage… les naissances de mes enfants… l’indépendance financière de mon épouse qui ne l’a pas rendue mesquine… nos déménagements dans toujours et encore plus grand… mon poste de maire du village… ma toute première voiture de l’année… mon chalet… mes chevaux… mes tournois de golf… et lui tenir la main en m’endormant…

 

Bref, j’ai vécu comme un lapin, un cochon, un chien, un aigle et un chat… à ses côtés…

 

Évidemment qu’un homme a toujours quelques regrets… J’aurais aimé dilapider un peu moins… »

 

 

De toute l’équipe de jamaisdeuxsanstoi.ca